Climat : Stellantis, Schneider Electric et Sanofi ne figurent plus parmi les entreprises les mieux classées du CAC 40
Le palmarès 2026 des trajectoires climat du CAC 40 marque un net changement de hiérarchie : Sanofi, Schneider Electric et Stellantis, qui occupaient les premières places l’année précédente, ne figurent plus parmi les entreprises les mieux classées. Publiée le 5 octobre par l’ONG Les Ateliers du futur, l’évaluation souligne le retard persistant des grands groupes français à l’approche de l’échéance intermédiaire de 2030, étape importante sur la route vers la neutralité carbone.
Ce recul ne signifie pas nécessairement que ces entreprises ont abandonné leurs engagements. Il indique toutefois que leurs trajectoires sont jugées moins convaincantes au regard des critères retenus cette année. Pour les investisseurs comme pour les salariés, l’enjeu est de distinguer les objectifs annoncés des mesures concrètes, de leur calendrier et des résultats observables. Le classement climatique met ainsi en lumière une réalité importante : la performance environnementale n’est pas acquise, et les positions peuvent évoluer lorsque les exigences de l’évaluation changent ou que les plans d’action paraissent insuffisamment étayés.
Palmarès climat du CAC 40 : trois anciens leaders rétrogradent
En 2025, Sanofi, Schneider Electric et Stellantis formaient le trio de tête du palmarès des trajectoires climat. Un an plus tard, les trois groupes se retrouvent dans la catégorie des résultats intermédiaires, selon les éléments publiés par Les Ateliers du futur. Les données disponibles ne précisent pas ici leur rang exact ni leur score individuel : le constat central porte sur la perte de leur statut de référence parmi les entreprises du CAC 40.
Cette évolution rappelle qu’un classement annuel est une photographie des informations évaluées à une date donnée, et non un verdict définitif sur l’ensemble d’une stratégie. Les entreprises peuvent progresser sur certains indicateurs tout en étant moins bien positionnées si leurs objectifs, leurs plans ou leur transparence ne répondent pas aussi solidement aux critères de l’exercice. Le palmarès publié en 2025 permet de mesurer l’écart avec la hiérarchie précédente, tandis qu’un retour sur les bons et mauvais élèves du CAC 40 souligne l’importance des objectifs assortis de plans d’action structurés.
Pourquoi les trajectoires climatiques des entreprises françaises sont réévaluées
Un palmarès de ce type examine la cohérence entre les ambitions affichées et les moyens prévus pour les atteindre. Les critères peuvent notamment porter sur la précision des objectifs, leur couverture des émissions et la présence d’un plan d’action assorti d’étapes vérifiables. Il s’agit donc d’évaluer la crédibilité d’une trajectoire, pas seulement l’existence d’une déclaration en faveur de la transition écologique.
Pour un industriel automobile comme Stellantis, les enjeux comprennent notamment la transformation des produits et des chaînes de production ; pour Schneider Electric, l’analyse porte sur les émissions liées à ses activités et à ses produits ; pour Sanofi, elle concerne également les opérations et l’ensemble de sa chaîne de valeur. Ces exemples illustrent pourquoi une même grille de lecture doit tenir compte des modèles économiques, tout en conservant des exigences comparables. L’ONG détaille les évolutions de son approche dans son document sur les trajectoires climatiques à horizon 2050.
Objectifs, plans d’action et critères ESG
Les critères ESG — environnementaux, sociaux et de gouvernance — sont utilisés par les investisseurs pour apprécier les risques et les pratiques des entreprises. Dans le volet climat, la publication d’un objectif lointain ne suffit pas à démontrer qu’une trajectoire est crédible : les étapes intermédiaires, les ressources engagées et le suivi des progrès comptent également. Le jalon de 2030 rend cette distinction particulièrement concrète, car il rapproche les promesses de décisions opérationnelles à prendre dès maintenant.
La comparaison doit néanmoins rester prudente : une baisse dans le classement ne permet pas, à elle seule, de conclure à une hausse des émissions ou à l’abandon d’un engagement. Elle signale plutôt que, dans l’évaluation considérée, la stratégie est moins bien positionnée que celle de groupes concurrents. Les analyses sur le retard climatique des entreprises françaises replacent ce constat dans un débat plus large sur la qualité des plans et leur mise en œuvre.
Ce que le recul de Sanofi, Stellantis et Schneider Electric révèle
La rétrogradation des trois groupes montre que les positions acquises peuvent être rapidement remises en jeu. Pour les directions, cela renforce l’intérêt d’une communication climatique documentée, mais aussi d’indicateurs permettant de suivre les résultats année après année. Les engagements doivent être suffisamment lisibles pour être comparés et vérifiés, sans quoi ils pèsent moins dans l’appréciation de la trajectoire.
Le cas de Sanofi illustre la nécessité de distinguer les engagements généraux d’une entreprise des éléments précis évalués dans un palmarès. Le groupe présente ses orientations dans sa page consacrée au climat et à la durabilité, mais le classement repose sur une méthode et un ensemble de critères propres. Pour les lecteurs, la comparaison pertinente consiste donc à examiner simultanément les objectifs, les étapes prévues et les preuves de réalisation.
- Vérifier les échéances : un objectif à long terme gagne en crédibilité lorsqu’il est accompagné de jalons intermédiaires, notamment à l’horizon 2030.
- Examiner les moyens : un plan d’action doit préciser les leviers mobilisés et leur cohérence avec les activités du groupe.
- Comparer les résultats dans le temps : un classement annuel indique une position relative, qui doit être rapprochée des données publiées par chaque entreprise.
Ces repères évitent de réduire l’évaluation à une simple place dans un tableau de résultats : c’est la solidité démontrable de la trajectoire qui compte.
Un classement climatique à lire comme un indicateur de transition
Le palmarès ne mesure pas à lui seul l’ensemble de l’impact environnemental des sociétés du CAC 40. Il fournit un outil de comparaison centré sur leurs trajectoires annoncées et sur les éléments rendus publics, ce qui en fait un signal utile pour suivre l’évolution des stratégies. Sa portée dépend toutefois de la méthode retenue et de la qualité des informations disponibles.
Pour les entreprises françaises, le déclassement de leaders de l’édition précédente rappelle que la transition écologique exige davantage qu’une ambition affichée : elle suppose des étapes crédibles, des décisions cohérentes et une transparence permettant d’en apprécier les effets. À l’approche de 2030, le principal enseignement est donc moins le changement de rang que la nécessité de transformer les engagements climatiques en progrès vérifiables.