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Sécheresse historique : qui sont les « assoiffeurs » accusés de monopoliser l’eau ?

La sécheresse historique qui frappe la France place la répartition de l’eau au centre du débat public. Selon les informations publiées le 25 septembre 2026, 66 départements restent en situation de crise concernant l’eau potable et certains habitants dépendent de livraisons par camion-citerne. Dans ce contexte, le terme d’« assoiffeurs » désigne, dans l’enquête de Fabien Benoit et Nicolas Celnik, les acteurs économiques accusés de capter une part importante des ressources hydriques au bénéfice d’usages privés.

Le livre, fruit de deux années d’enquête, ne présente pas « assoiffeurs » comme une catégorie juridique, mais comme une notion polémique destinée à interroger les rapports de pouvoir autour de l’eau. Agriculture intensive, irrigation, eau en bouteille, industrie ou mégabassines : les auteurs examinent différents usages et leurs effets possibles sur la disponibilité de la ressource. L’enjeu est aussi politique, car l’accaparement de l’eau peut intensifier les conflits d’usage lorsque la pénurie d’eau s’installe. La question centrale dépasse donc le volume prélevé : elle porte sur les priorités collectives et la justice environnementale.

Qui sont les « assoiffeurs » accusés d’accaparement de l’eau ?

Le mot rassemble des activités très différentes, mais que l’enquête rapproche autour d’un même enjeu : la capacité de certains acteurs à sécuriser leur accès à l’eau, alors que les restrictions pèsent sur d’autres usages. Les auteurs s’intéressent notamment à l’agriculture, aux entreprises de l’eau en bouteille et à des activités industrielles. Les mégabassines et les besoins associés aux data centers figurent également dans les débats relayés autour du livre.

Cette mise en cause ne signifie pas que chaque prélèvement soit illégal ni que tous les secteurs aient le même impact. Elle invite plutôt à examiner qui prélève, dans quelles conditions, pour quelle utilité sociale et avec quelles conséquences sur les milieux naturels. Une analyse consacrée à l’utilité sociale des usages de l’eau souligne précisément l’importance de ces critères.

  • Agriculture intensive et irrigation : l’enquête ouvre son analyse par les prélèvements agricoles et la question de leur place dans le partage de l’eau.
  • Eau en bouteille : l’exploitation de sources et la mise en marché de l’eau soulèvent la question de la propriété et de l’accès à une ressource commune.
  • Industrie et data centers : leurs besoins en eau alimentent les interrogations sur l’arbitrage entre activité économique et disponibilité locale.
  • Mégabassines : ces réserves destinées à l’irrigation cristallisent les désaccords sur le stockage et la répartition de l’eau.
Sécheresse historique : qui sont les « assoiffeurs » accusés de monopoliser l’eau ?

Sécheresse historique : des conflits d’usage au partage de l’eau

Lorsque les réserves diminuent, la concurrence entre usages devient plus visible. L’irrigation peut soutenir les récoltes et l’activité agricole, tandis que l’alimentation en eau potable constitue un besoin essentiel ; les besoins industriels et les choix de stockage s’ajoutent à cet arbitrage. Les restrictions et l’approvisionnement par camion-citerne signalés dans plusieurs territoires donnent une dimension concrète à ces tensions.

Les « assoiffeurs » de Benoit et Celnik interrogent également le rôle des pouvoirs publics dans la gestion des ressources hydriques. Les auteurs mettent en débat la place accordée aux intérêts privés et la manière dont les décisions d’aménagement peuvent favoriser certains usages. Leur enquête est présentée dans la fiche de l’ouvrage publiée par son éditeur, tandis qu’un article consacré à l’enquête revient sur les mécanismes de captation dénoncés.

Pourquoi les mégabassines cristallisent-elles le débat ?

Les mégabassines sont au cœur de conflits d’usage parce qu’elles concentrent une question de calendrier et de répartition : stocker de l’eau pour irriguer ultérieurement peut sécuriser certaines exploitations, mais suscite des contestations sur l’accès à la ressource et ses effets sur les milieux. Dans une période de pénurie d’eau, l’enjeu ne se limite donc pas à la capacité de stockage ; il porte aussi sur les bénéficiaires et les règles qui encadrent les prélèvements.

Pour le lecteur, distinguer les faits documentés des accusations est essentiel : le terme « assoiffeurs » exprime la thèse critique de l’enquête, tandis que l’évaluation de chaque usage dépend de données précises sur les prélèvements, leur destination et leur impact local. Une réflexion plus large sur les choix de transition et les rapports de pouvoir liés aux ressources est également proposée dans cette mise en perspective sur les enjeux environnementaux. Au cœur du débat demeure une question de gouvernance : comment répartir l’eau lorsque la ressource disponible ne répond plus à toutes les demandes ?

Les discussions autour du livre permettent de confronter les arguments sur l’irrigation, les infrastructures et la gestion collective de l’eau. Elles éclairent aussi la différence entre accuser un secteur et documenter précisément les conséquences de ses usages.

Cécile Divolic

Cécile Divolic

Passionnée par les enjeux économiques contemporains, je m'efforce de déchiffrer les tendances et d'informer le grand public sur des sujets complexes. Mon expertise et mon expérience me permettent de traiter de manière claire et accessible des thèmes variés, allant de la finance aux politiques économiques.