Refinancer l’agriculture autrement : ces startups révolutionnent le secteur agricole
Face à la crise financière qui touche les agriculteurs, de nombreuses startups françaises émergent dans le secteur de l’agritech. Elles proposent des solutions innovantes pour soulager le fardeau financier des exploitations agricoles et redonner un souffle aux exploitants. Parmi ces entreprises, Regeneration, fondée à Bordeaux en 2021, se démarque avec une approche axée sur la réglementation environnementale. Cette startup souhaite s’appuyer sur les obligations des grandes entreprises en matière d’impact environnemental pour financer des initiatives agricoles régénératrices. En partenariat avec les acteurs du luxe notamment, Regeneration vise à mesurer l’impact carbone dans les champs et mettre en œuvre des actions concrètes pour favoriser la captation de carbone par les sols. Cette démarche permettrait non seulement de soutenir financièrement les agriculteurs, mais aussi de répondre à la crise profonde que traverse le secteur agricole tout en contribuant activement à une agriculture plus durable.
Au-delà de cette initiative spécifique, d’autres startups agrotech cherchent également à apporter leur contribution au monde agricole en difficulté. La tendance est ainsi orientée vers des modèles d’affaires qui visent à rémunérer les exploitants tout en favorisant des pratiques durables et respectueuses de l’environnement. Ces jeunes pousses se positionnent comme autant d’espoirs face aux défis financiers et environnementaux rencontrés par les agriculteurs aujourd’hui.
Réduire les dépenses en répartissant les coûts
De nombreuses entreprises de l’Agritech suivent le modèle de Regeneration en n’obligeant pas les agriculteurs à payer d’avance pour leurs services. Elles préfèrent faire supporter les coûts par des tiers afin d’augmenter leurs chances de réussite. Par exemple, Sencrop propose des données météorologiques ultra-locales aux agriculteurs grâce à des capteurs placés dans les champs, mais demande un abonnement et le coût d’une station météo pour accéder au service complet. Cependant, la société déploie ses stations météo auprès des coopératives ou appellations pour faciliter l’accès et mutualiser les coûts.
Cette approche favorise la collectivité tout en permettant aux petits exploitants agricoles de bénéficier des services offerts sans support financier direct. En effet, cela leur permet notamment de mieux s’organiser, prévoir les conditions météorologiques défavorables, intervenir au bon moment au bon endroit, économiser du carburant et améliorer la gestion des ressources.
Le modèle adopté par Sencrop montre que la mutualisation est une stratégie efficace pour contourner les coûts élevés d’installation du service tout en garantissant son efficacité.
Rapprocher les gens des agriculteurs
Avec Michael Bruniaux, Martin Ducroquet veut créer un service qui aide les agriculteurs à faire face aux défis climatiques et sociaux. Ils ont fondé Hectarea, une startup qui vise à financer des projets agricoles grâce à l’épargne citoyenne. L’objectif est de mettre en relation des candidats à l’installation avec des investisseurs particuliers pour soutenir des exploitations agricoles. Cette initiative a déjà permis de récolter 175 000 euros provenant de 91 investisseurs pour un projet d’agrandissement et de conversion en agriculture biologique. Paul Rodrigues souligne l’importance de proposer une solution concrète sans laisser les gros groupes s’approprier les terres agricoles, tout en gardant la rentabilité comme pilier économique. Pour lui, il est essentiel d’aller au-delà des dons et d’œuvrer pour un changement concret et durable dans le secteur agricole.
Payer sans demander de paiement
Paul Rodrigues veut rapprocher les consommateurs du monde agricole. Il critique le fait que 70% des fruits et légumes consommés en France sont importés. Beaucoup de producteurs peinent à vendre leur production de qualité et parfois doivent la jeter. Les fondatrices de Pimp’Up veulent aider les agriculteurs en achetant leur surproduction à un prix compétitif pour les revendre moins cher au consommateur. Cependant, ce modèle n’est pas suffisant pour assurer un revenu stable aux agriculteurs. L’Agritech française a récolté 490 millions d’euros en 2022, malgré une baisse globale du financement des startups cette année-là. Elle se démarque notamment dans l’élevage industriel d’insectes, la culture des algues, la robotique agricole et les technologies destinées aux agriculteurs ainsi qu’à l’anti-gaspillage alimentaire.