Prévisions de la Commission européenne pour la demande de matières premières critiques
La transition verte de l’Europe a provoqué une forte demande en terres rares et en minéraux essentiels. L’Union européenne prévoit une augmentation significative de la demande pour des ressources telles que les terres rares et le lithium, respectivement jusqu’à 12 fois et 60 fois d’ici à 2050. Ces matières premières critiques proviennent principalement de l’extérieur de l’UE, ce qui soulève des défis pour garantir un approvisionnement stable à long terme.
Pour faire face à cette dépendance aux chaînes d’approvisionnement externes, la Commission européenne a proposé une loi sur les matières premières critiques (Critical Raw Materials Act, CRMA). Cette loi vise à établir des chaînes de valeur nationales pour ces matières au sein des États membres. L’objectif est d’accroître la production et le traitement de ces minéraux à l’intérieur même de l’Union afin de réduire la dépendance aux importations extérieures. Malgré cela, il reste encore des obstacles à surmonter notamment en termes d’infrastructures et cadre législatif dans les pays membres pour soutenir cette croissance.
Il est donc crucial que l’UE investisse dans ses capacités internes d’approvisionnement, de traitement et recyclage des ressources critiques afin de réduire sa vulnérabilité aux fluctuations du marché mondial.
Les réserves de minéraux en Europe pourraient répondre à une grande partie de la demande de l’UE. Pour y parvenir, les États membres devraient relancer les activités minières et identifier des « projets stratégiques » pour faciliter le financement et accélérer les autorisations. Cependant, cela se heurte à la complexité des procédures d’autorisation nationales et à une forte opposition publique en Europe.
La capacité de traitement des minéraux est limitée en Europe, avec seulement une installation de traitement des terres rares en Estonie. Le recyclage pose également des problèmes car il n’y a pas de collecte systématique des déchets, et certaines matières premières secondaires ne sont pas viables ou souhaitables en raison de leur faible qualité.
De plus, l’incertitude économique due à la volatilité des prix des produits de base ainsi que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée entravent les investissements privés nécessaires. Ces défis doivent être relevés pour garantir un approvisionnement stable en minéraux essentiels.