GenAct : Fabrice Bonnifet lance l’alerte — sans réinvention, la plateforme est condamnée
Lancée en 2025 à l’initiative du Collège des directeurs du développement durable (C3D), GenAct veut aider les professionnels à transformer leurs organisations et leurs modèles économiques. L’association met à leur disposition des formations, des outils pratiques et des ressources pour passer des engagements de principe à des changements opérationnels. Elle revendique aujourd’hui 75 partenaires, environ 3 100 adhérents et 470 contenus disponibles en ligne.
Mais l’outil numérique qui rassemble ces ressources doit évoluer. Son président, Fabrice Bonnifet, estime que les usages ont changé et que la plateforme ne répond plus suffisamment aux attentes de ses membres, notamment face aux services conversationnels désormais répandus. La réinvention de l’interface, l’intégration de l’intelligence artificielle et le choix d’un nouveau partenaire deviennent donc des enjeux de pérennité. Plusieurs acteurs se sont manifestés et le conseil d’administration doit arrêter son choix d’ici au 23 novembre. Le chantier est technologique, mais aussi organisationnel : il engage la stratégie et les moyens nécessaires pour poursuivre le développement de GenAct.
GenAct face à l’urgence de réinventer sa plateforme
« Si la plateforme ne se réinvente pas, on est mort », prévient Fabrice Bonnifet. La formule résume un constat concret : une bibliothèque de plusieurs centaines de ressources perd de sa valeur si ses membres peinent à trouver rapidement celles qui répondent à leurs besoins.
Jusqu’ici, GenAct reposait sur une approche numérique classique, adaptée à son lancement. L’essor des outils d’intelligence artificielle modifie cependant les attentes : les utilisateurs s’habituent à poser une question en langage courant et à obtenir une réponse structurée, plutôt qu’à parcourir eux-mêmes des rubriques. La transformation envisagée doit ainsi simplifier l’accès aux contenus, sans réduire la diversité des ressources proposées.

Le futur partenaire devra apporter les compétences techniques permettant cette adaptation. L’enjeu est de concevoir une innovation utile, plutôt qu’ajouter une fonction d’IA pour suivre une tendance. Une responsable des achats, par exemple, devrait pouvoir repérer plus simplement des ressources applicables à ses pratiques, puis approfondir le sujet grâce aux contenus pédagogiques de GenAct.
La réflexion s’inscrit dans une discussion plus large sur la place de l’IA dans les organisations : les gains d’accès à l’information doivent être conciliés avec la qualité des réponses et la pertinence des contenus. À ce titre, les interrogations autour de l’IA et de ses usages en pleine évolution éclairent aussi les choix auxquels sont confrontées les plateformes professionnelles.
Un changement de partenaire aux conséquences organisationnelles
La refonte numérique pourrait modifier la répartition des missions au sein de l’association. Jusqu’à présent, deux salariés de l’agence de conseil Parangone assuraient à temps plein l’animation de GenAct. Leur avenir dans le dispositif reste incertain et dépendra du périmètre confié au prochain partenaire : celui-ci pourrait intervenir sur la plateforme seule ou prendre en charge une partie plus large des activités.
Fabrice Bonnifet dit vouloir trouver des solutions pour ces deux salariés, dont il souligne le travail accompli. Cette transition montre que le choix technologique ne se limite pas à une question d’interface : il touche aussi aux compétences, à l’animation de la communauté et à la continuité du service. Les difficultés rencontrées par certains acteurs du conseil RSE face aux grands cabinets constituent un autre éclairage sur les arbitrages de compétences et de positionnement, comme le relève cette analyse du secteur du conseil en RSE.
Le président écarte l’idée d’une crise financière structurelle. Selon lui, le besoin porte d’abord sur les moyens techniques nécessaires pour moderniser l’outil et relancer son attractivité. La question centrale est donc celle du montage capable d’associer expertise numérique, animation et capacité de développement, tout en préservant les ressources humaines déjà mobilisées.
- Moderniser l’expérience : rendre les centaines de contenus plus faciles à repérer et à consulter.
- Intégrer l’IA avec méthode : privilégier des agents conversationnels qui orientent les membres vers des ressources pertinentes.
- Clarifier le partenariat : déterminer si le futur prestataire interviendra sur la technologie seule ou également sur l’animation.
- Préserver la continuité : organiser la transition en tenant compte des salariés et des besoins de la communauté.
Ces choix conditionneront la capacité de GenAct à conserver ses adhérents et à mobiliser de nouveaux professionnels. Les informations sur son projet et ses ressources sont accessibles sur le site officiel de GenAct.
La transformation des entreprises reste au cœur du modèle économique
La mise à niveau de la plateforme ne constitue pas une fin en soi. GenAct entend continuer à accompagner les professionnels dans l’évolution de leurs métiers, des achats au marketing, en passant par la comptabilité, le design et le management. Pour Fabrice Bonnifet, la transition suppose de revoir la manière dont ces fonctions contribuent à la création de valeur.
Il défend le passage de modèles linéaires à des approches circulaires, fonctionnelles et coopératives, davantage compatibles avec les limites planétaires. Cette ambition implique des changements dans les décisions quotidiennes : choix des fournisseurs, conception des produits, organisation des services ou critères de performance. Une analyse de la démarche portée par Fabrice Bonnifet replace cet objectif dans le débat sur l’évolution de la RSE.
Pour que ces ressources débouchent sur des pratiques effectives, leur accessibilité compte autant que leur contenu. La plateforme doit donc relier pédagogie et usage : aider un salarié à comprendre un enjeu, puis à identifier des pistes adaptées à son métier. C’est cette articulation entre innovation numérique et transformation des activités qui donnera sa portée à la refonte.
La réinvention de GenAct renvoie ainsi à une double exigence : faire évoluer son propre fonctionnement et rester utile aux organisations qu’elle accompagne. La pérennité de la plateforme dépendra de sa capacité à convertir ses ressources et son réseau en leviers d’action concrets.
