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COP17 Désertification : protéger les sols, un défi stratégique majeur pour les entreprises

Alors que la COP17 s’ouvre à Oulan-Bator du 17 au 28 août, la désertification s’impose comme un risque économique majeur, au-delà de l’enjeu écologique. Selon les données disponibles, la dégradation des terres affecte désormais des segments clés des chaînes d’approvisionnement — de l’agroalimentaire au textile, en passant par les matériaux de construction — avec des répercussions sur les coûts, la sécurité d’approvisionnement et la stabilité des marchés. Le mot d’ordre “Restaurer les terres, restaurer l’espoir” résonne particulièrement dans un été marqué par la sécheresse et la raréfaction des ressources naturelles. Une analyse approfondie révèle que la protection des sols et la gestion durable ne relèvent plus de la seule conformité environnementale : elles structurent des décisions d’investissement, des critères d’achats et des modèles opérationnels. Dans ce contexte, les entreprises sont appelées à passer d’une logique de prévention des risques à une stratégie d’environnement intégrée, en lien direct avec les objectifs de neutralité de la dégradation des terres.

Le programme officiel conforte ce virage, en plaçant la santé des sols au cœur des négociations et des engagements sectoriels. Les indicateurs économiques suggèrent qu’une meilleure résilience des terres peut réduire la volatilité des prix agricoles et sécuriser l’accès à l’eau, tout en atténuant les chocs logistiques induits par les épisodes climatiques extrêmes. À ce titre, la COP est aussi un forum d’alignement entre décideurs publics, communautés scientifiques et directions d’achats. Pour suivre les sessions thématiques, le programme officiel de la conférence et les analyses “Restaurer l’espoir” de RFI offrent des repères utiles sur les orientations à venir. Dans le même temps, des institutions de recherche comme l’IRD soulignent l’urgence d’une action collective fondée sur la preuve, condition sine qua non pour transformer les engagements en trajectoires mesurables.

COP17 Désertification : enjeux économiques et environnementaux pour les entreprises

Au-delà des déclarations, la gestion durable des sols devient un défi stratégique pour les directions industrielles et financières. La raréfaction de l’eau, l’érosion de la fertilité et la fragmentation des habitats pèsent sur les rendements, la qualité des matières premières et l’acceptabilité sociale des projets. À l’échelle des chaînes de valeur mondialisées, ces pressions se traduisent par des surcoûts, des retards et des arbitrages d’approvisionnement plus complexes, en particulier pour les secteurs dépendants des biens agricoles et minéraux.

En Mongolie, où s’ouvre la COP, l’ampleur de la dégradation illustre la réalité du terrain. Des reportages de terrain montrent des pâturages appauvris, des migrations internes et une vulnérabilité accrue des éleveurs face à la variabilité climatique. Cette situation rappelle que la résilience des territoires conditionne la stabilité des marchés. Pour un panorama argumenté des risques et des réponses de la recherche, l’IRD rappelle l’urgence d’agir collectivement, tandis que France Inter documente les conséquences sociales avec “L’herbe avait disparu”. En filigrane, une question guide les discussions : comment articuler objectifs climatiques et protection des sols sans fragiliser la compétitivité ?

COP17 Désertification : protéger les sols, un défi stratégique majeur pour les entreprises

Sécheresse et chaînes de valeur : le nouveau risque systémique

Selon les données disponibles, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de sécheresse crée un risque systémique pour les intrants agricoles (céréales, coton, huiles végétales) et pour l’eau industrielle. Les indicateurs économiques suggèrent une corrélation entre stress hydrique et volatilité des prix, accentuée par des restrictions d’usage local et des tensions sur le fret. Pour un distributeur alimentaire européen, par exemple, la moindre disponibilité de certaines cultures pluviales a déjà conduit à renégocier des contrats pluriannuels, avec des clauses de partage des risques plus strictes.

Une analyse approfondie révèle que la prévention passe par des portefeuilles d’approvisionnement plus diversifiés et des investissements dans la restauration des paysages sources (zones de captage, bassins versants, corridors écologiques). À court terme, ces choix stabilisent la qualité et limitent les coûts cachés (non-qualité, retours, ruptures). À moyen terme, ils renforcent l’acceptabilité sociale, donc la continuité d’activité. En creux, l’entreprise qui internalise la santé des sols transforme une contrainte en actif de résilience.

Protection des sols et gestion durable : leviers de compétitivité et de résilience

Pour les entreprises, la “santé des sols” devient un indicateur stratégique, au même titre que l’empreinte carbone. Les dispositifs de gestion durable combinent pratiques agricoles régénératives, restauration de jachères, agroforesterie, limitation du travail du sol et réduction des intrants. Dans le textile, des programmes pilotes sur le coton pluvial montrent qu’un meilleur couvert végétal et des rotations adaptées stabilisent les rendements tout en diminuant l’érosion éolienne. Dans l’agroalimentaire, l’adossement de contrats d’achats à des critères de prévention de la dégradation des terres aligne incitations et qualité amont.

Les publications spécialisées confirment que la protection des sols constitue un enjeu de gouvernance d’entreprise. Pour un état des lieux orienté “business”, voir l’analyse de Novethic sur la préservation des sols, enjeu critique pour les entreprises, et la mise en perspective politique proposée par Libération autour d’un sommet primordial pour restaurer les sols. À l’échelle européenne, les référentiels de reporting extra-financier renforcent la traçabilité et la preuve d’impact, accélérant l’intégration d’objectifs “Land Degradation Neutrality” dans les feuilles de route d’achats et d’investissement.

Prévention, adaptation et finance : la matrice d’action prioritaire

Pour convertir l’engagement en avantage concurrentiel, une matrice actionnable s’impose, articulant gouvernance, finance et opérations. Le cas d’un groupe agroalimentaire fictif, “TerraNord”, illustre l’approche : cartographie multi-risques, contrats de long terme avec primes de pratiques, fonds de restauration des bassins versants, et mécanismes de suivi digital des pratiques au champ.

  • Gouvernance : adosser la stratégie “sols” au comité des risques, avec des objectifs et incitations managériales alignés.
  • Cartographie des risques : identifier les hotspots de désertification et de sécheresse, prioriser les bassins d’approvisionnement et définir des seuils d’alerte.
  • Achats et finance : intégrer des primes de gestion durable dans les contrats, déployer des instruments de partage de risques climatiques.
  • Solutions fondées sur la nature : restaurer couverts et haies, recharger les sols en carbone et matière organique, protéger les zones ripariennes.
  • Mesure et preuve : déployer un suivi géospatial et des indicateurs communs (qualité des sols, infiltration, érosion) pour piloter la prévention.

Cette feuille de route aligne création de valeur et robustesse opérationnelle : l’entreprise fiabilise ses volumes, réduit les coûts cachés et renforce sa légitimité locale.

Politiques publiques et coalitions : aligner science, territoires et entreprises

La COP met en avant des coopérations multi-acteurs, avec un rôle central de la science pour guider les choix. Dans cet esprit, l’IRD appelle à placer les territoires, les populations et la science au cœur des décisions, afin de concevoir des trajectoires adaptées aux réalités locales. L’UNESCO souligne la valeur des savoirs pastoralistes pour gérer des milieux extrêmes, un capital d’expérience utile aux stratégies de prévention et d’adaptation. Côté gouvernance, la mise en cohérence des politiques climatiques, agricoles et industrielles demeure déterminante pour déverrouiller l’investissement privé.

Les positions publiques convergent sur l’importance d’objectifs clairs et mesurables. En France, le ministère rappelle l’ambition “Restaurer les terres, restaurer l’espoir”, tandis que la perspective de réformes institutionnelles – à l’image des évolutions portées par des personnalités comme Monique Barbut – souligne l’importance du leadership pour accélérer l’action. Pour prendre la mesure du contexte estival et des vulnérabilités mises en lumière par la canicule, l’entretien avec le géographe Jean-Daniel Cesaro offre un cadrage utile. Au total, l’articulation entre environnement, compétitivité et cohésion sociale s’impose comme la clé d’une mise en œuvre durable.

Étude de cas : un distributeur face à la dégradation des terres

“Alimenta Europe” (cas fictif) a relié ses risques d’achats à la santé des sols de ses bassins d’origine. Diagnostic partagé avec les coopératives, cofinancement de pratiques régénératives et critères de sélection des fournisseurs fondés sur l’érosion et la matière organique ont été déployés sur trois filières sensibles aux aléas de sécheresse. Résultat opérationnel : des volumes plus réguliers, moins de retours qualité et une réduction des ruptures lors des pics de chaleur.

Sur le plan financier, l’entreprise a créé un fonds interne dédié à la protection des sols, abondé par une fraction des économies logistiques et des primes d’assurance non consommées. La traçabilité s’est améliorée grâce à une plateforme commune d’indicateurs, partagée avec les producteurs et les assureurs. Ce retour d’expérience illustre la thèse défendue durant la COP17 : intégrer la restauration des terres dans la stratégie, c’est renforcer la résilience des chaînes de valeur tout en soutenant les territoires d’origine. Pour suivre les temps forts et les analyses, le fil de RFI et les ressources de la CNULCD permettent d’approfondir les décisions et engagements sectoriels.

Cécile Divolic

Cécile Divolic

Passionnée par les enjeux économiques contemporains, je m'efforce de déchiffrer les tendances et d'informer le grand public sur des sujets complexes. Mon expertise et mon expérience me permettent de traiter de manière claire et accessible des thèmes variés, allant de la finance aux politiques économiques.