NEWS

Anti-greenwashing : 7 entreprises sur 10 devront revoir leur communication sur la RSE

Depuis le 27 septembre 2026, les règles européennes renforcées contre le greenwashing encadrent les arguments environnementaux utilisés auprès des consommateurs. Selon une estimation de la start-up 2050analytics relayée le 9 octobre, près de sept entreprises sur dix engagées dans la responsabilité sociétale des entreprises devraient examiner leur communication RSE afin d’évaluer leur exposition aux nouvelles exigences. Ce chiffre signale l’ampleur du travail à mener, mais ne signifie pas que toutes ces entreprises sont en infraction : le risque dépend des messages employés et des preuves disponibles pour les étayer.

La directive européenne 2024/825, dite « EmpCo », vise notamment les allégations environnementales vagues ou insuffisamment démontrées et certains labels de durabilité. Pour les entreprises, l’enjeu est concret : une formule valorisant un produit ou une démarche ne peut plus reposer uniquement sur une intention ou un objectif futur. La conformité des entreprises suppose désormais de vérifier les termes utilisés, leur périmètre et les éléments qui les justifient. Cette évolution transforme la transparence écologique en exigence opérationnelle, au-delà du seul marketing durable.

Anti-greenwashing : 7 entreprises sur 10 devront revoir leur communication sur la RSE

Directive anti-greenwashing : pourquoi la communication RSE doit être revue

L’estimation de 2050analytics traduit une difficulté fréquente : les entreprises ont multiplié les engagements et les messages liés à l’environnement, parfois sans disposer d’un cadre commun pour les documenter. Une PME qui présente ses emballages comme « écologiques », par exemple, doit pouvoir préciser sur quels critères repose cette affirmation et à quelle partie du produit elle s’applique.

La directive ne remet pas en cause la publication d’informations sur les démarches de durabilité. Elle exige plutôt que les messages soient précis, vérifiables et cohérents avec les caractéristiques réelles du produit ou du service. Le décryptage consacré aux mots de la RSE illustre cette attention portée au vocabulaire employé.

Des allégations environnementales à justifier

Les termes généraux comme « vert », « responsable » ou « respectueux de la planète » peuvent susciter des attentes larges chez le public. Sans précision ni preuve adaptée, ils exposent l’entreprise à un risque de communication trompeuse. La vigilance porte aussi sur les comparaisons, les promesses de performance et la manière de présenter les résultats obtenus.

Pour réduire ce risque, une organisation peut passer en revue ses emballages, son site, ses publicités et ses supports commerciaux. Le guide anti-greenwashing de l’ADEME fournit des repères pour distinguer une affirmation étayée d’une formulation trop générale. Une allégation solide doit pouvoir être reliée à des éléments vérifiables et clairement délimités.

Conformité des entreprises : les étapes pour sécuriser les messages

La révision de la communication RSE implique plusieurs fonctions : marketing, juridique, achats et équipes chargées du développement durable. Une marque qui modifie une promesse publicitaire sans vérifier les données produit, par exemple, peut créer un décalage entre le message diffusé et les éléments détenus en interne.

  • Recenser les messages concernés dans les publicités, les emballages, les pages web et les rapports accessibles aux consommateurs.
  • Vérifier les preuves associées à chaque allégation : données, méthode de calcul, périmètre et période de validité.
  • Préciser les formulations lorsque le bénéfice annoncé ne concerne qu’une caractéristique ou une étape du cycle de vie.
  • Actualiser les procédures de validation pour que les équipes compétentes examinent les nouveaux messages avant leur diffusion.

Ces vérifications ne relèvent pas seulement d’un contrôle juridique. Elles peuvent aussi améliorer la cohérence entre les pratiques de l’entreprise et leur présentation au public, à condition que les indicateurs utilisés soient compréhensibles et suivis dans le temps. Les changements applicables depuis septembre 2026 placent ainsi la preuve au cœur de la communication environnementale.

La transparence écologique, un enjeu de crédibilité

Une communication responsable ne consiste pas à multiplier les promesses, mais à décrire avec exactitude les progrès réalisés et les limites restantes. Une entreprise peut, par exemple, présenter la réduction mesurée d’un emballage sans laisser entendre que l’ensemble de son activité est devenu durable. Cette distinction aide le consommateur à comprendre la portée réelle de l’information.

La réglementation environnementale conduit donc les entreprises à rapprocher communication, données et pratiques opérationnelles. La réinvention des modèles d’affaires par la RSE dépend également de cette cohérence : quand les preuves soutiennent les messages, la confiance repose moins sur les slogans et davantage sur des résultats observables.

Cécile Divolic

Cécile Divolic

Passionnée par les enjeux économiques contemporains, je m'efforce de déchiffrer les tendances et d'informer le grand public sur des sujets complexes. Mon expertise et mon expérience me permettent de traiter de manière claire et accessible des thèmes variés, allant de la finance aux politiques économiques.