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TotalEnergies abandonne ses ambitions de neutralité carbone et renonce à réduire les émissions du Scope 3

Au lendemain de la publication de son « Sustainability & Climate – 2026 Progress Report », TotalEnergies annonce juger la neutralité carbone « hors de portée » à l’échelle de sa chaîne de valeur et renonce à tout objectif de réduction des émissions sur le Scope 3 – celles liées à l’usage de ses produits pétroliers et gaziers. Selon les données disponibles, le groupe maintient des objectifs opérationnels sur les émissions directes et indirectes de ses sites (Scopes 1 et 2), tout en soulignant un contexte de transition énergétique ralentie et une demande d’énergies fossiles robuste. Une analyse approfondie révèle que ce virage stratégique, à deux mois de l’assemblée générale, redessine l’équilibre entre ambition climatique et contraintes de marché, avec un impact immédiat sur la crédibilité perçue des engagements de durabilité.

Les indicateurs économiques suggèrent que l’entreprise a diminué en 2025 une partie de ses émissions carbone opérationnelles de l’ordre de 2 à 3 %, mais l’absence de cap sur le Scope 3 concentre l’essentiel des interrogations. Des observateurs relèvent un signal paradoxal : alors que l’Europe renforce la transparence extra-financière, certaines majors privilégient désormais la gestion des émissions sur leurs périmètres industriels plutôt que l’empreinte totale d’usage, pourtant majoritaire dans leur bilan carbone. Des ONG accusent un recul d’engagement climatique, parlant de « sabotage » de l’ambition, tandis que des investisseurs attendent de nouvelles précisions sur la trajectoire d’allocation de capital. Pour situer ce revirement, voir les éclairages de la presse économique et associative, notamment sur l’incapacité à atteindre l’objectif global en 2050 selon Les Echos, et les réactions d’ONG rapportées par L’Info Durable.

TotalEnergies, neutralité carbone et Scope 3 : un recentrage stratégique aux effets systémiques

Dans son nouveau cadrage, TotalEnergies confirme viser la neutralité carbone à horizon 2050 sur ses opérations (Scopes 1 et 2), tout en renonçant à fixer des cibles chiffrées de réduction des émissions pour le Scope 3. Selon les données disponibles, ce dernier concentre pourtant la plus grande part des émissions carbone d’une major pétrolière et gazière, car il dépend de l’usage des carburants et du gaz par les clients finaux. Le groupe justifie ce choix par un environnement macroénergétique où la demande en énergies fossiles demeure soutenue et par l’incertitude entourant la vitesse de substitution des usages (mobilité, chauffage, industrie). Pour un panorama des annonces et de leurs ressorts, voir l’analyse sectorielle de Novethic.

TotalEnergies abandonne ses ambitions de neutralité carbone et renonce à réduire les émissions du Scope 3

Pourquoi le Scope 3 concentre le débat

Une analyse approfondie révèle que l’absence d’objectifs sur le Scope 3 soulève trois enjeux : l’alignement avec l’Accord de Paris, la matérialité financière (coût du carbone, primes de transition) et la comparabilité des trajectoires entre pairs. Méthodologiquement, mesurer et piloter ces émissions revient à agir sur des chaînes de valeur mondiales, avec des comportements clients et des cadres réglementaires hétérogènes. Les indicateurs économiques suggèrent qu’une partie de la décarbonation repose sur l’innovation aval (véhicules, procédés industriels), donc hors du contrôle direct des énergéticiens. Dans la finance durable, les standards évoluent également, comme l’illustre la mise à jour annoncée sur l’exclusion des énergies fossiles dans certains référentiels d’alignement, à suivre via cette synthèse sectorielle sur la SBTi et le secteur financier. L’essentiel tient à la crédibilité du signal envoyé aux marchés carbone.

Conséquences économiques et climatiques pour la transition énergétique

Ce revirement modifie les anticipations des investisseurs sur le rythme de bascule entre capex fossiles et bas-carbone. Selon les données disponibles, la rentabilité encore élevée du GNL et de l’amont pétrolier nourrit une concurrence budgétaire avec les renouvelables, au moment même où l’Europe peine à verrouiller certains jalons réglementaires de son Green Deal. Pour une mise en perspective des reculs et compromis récents au sein de l’UE, voir cette analyse consacrée aux arbitrages climatiques des Vingt-Sept préservant la crédibilité climatique de l’UE. La question centrale demeure : l’allocation de capital peut-elle accélérer l’offre bas-carbone si la demande finale reste dépendante des hydrocarbures et si les signaux-prix du carbone demeurent hétérogènes entre régions ? La réponse conditionne la vitesse réelle de la transition énergétique.

  • Marchés et investisseurs : hausse potentielle de la prime de risque de transition pour les émetteurs sans cible Scope 3 ; évolution des votes « Say on Climate ».
  • Régulateurs : renforcement de la transparence (CSRD) et débats sur l’extension des obligations de plan de transition.
  • Clients industriels : arbitrage coût/empreinte, diversification d’approvisionnement, achats de biométhanes et e-fuels encore naissants.
  • ONG et opinion : pression réputationnelle, campagnes ciblées et contentieux climatiques en progression.

Pour illustrer les dynamiques globales d’alignement corporate une décennie après Paris, cette enquête revient sur le taux d’alignement des entreprises et ses écarts sectoriels dix ans après l’Accord de Paris. L’issue économique dépendra de la capacité collective à orchestrer offre, demande et politiques publiques.

Assemblées générales et gouvernance climatique : quelles attentes en 2026 ?

À l’approche de l’AG, les résolutions liées au climat cristallisent l’attention. Les proxys et gérants activistes scrutent la cohérence entre objectifs Scopes 1+2, investissements, scénarios internes de prix du carbone et trajectoire de bilan carbone. Selon les données disponibles, la tendance 2025-2026 a vu une normalisation des votes « Say on Climate », avec davantage d’exigences sur la granularité des plans. Pour suivre l’état d’esprit des intermédiaires de vote, voir cette synthèse sur la montée du coût perçu de la décarbonation et la réaction des proxys dans la finance durable. Les investisseurs demanderont des jalons intermédiaires, des métriques d’intensité consolidées et des signaux clairs sur la part des capex bas-carbone.

Sur le terrain, les parties prenantes anticipent des échanges nourris autour de l’engagement climatique du groupe et des controverses afférentes, déjà documentées dans un tour d’horizon des sujets sensibles à l’AG droits humains, climat et gouvernance. En parallèle, la presse et les agences relaient les critiques d’ONG, qualifiant la stratégie actuelle de « saboteur » de la transition, comme l’a rapporté l’AFP et la presse spécialisée sur ce sujet. Le résultat du vote enverra un signal au marché sur la durabilité des promesses et la matérialité des risques climatiques.

Au-delà du cas TotalEnergies : signaux mixtes sur l’engagement climatique des entreprises

Le ajustement annoncé par TotalEnergies s’inscrit dans un mouvement plus large où certaines sociétés revoient leurs trajectoires, entre pression des coûts, compétitivité internationale et incitations publiques. Une analyse approfondie révèle un « stop-and-go » dans l’engagement climatique corporate, visible dans plusieurs secteurs, avec des annonces d’expansion renouvelable côtoyant des retards d’investissements ou des objectifs reparamétrés. Pour un panorama des signaux contradictoires, cette étude met en avant le désengagement relatif de certaines entreprises face aux enjeux climatiques et ses implications carbone. Au plan médiatique, le débat sur la qualification de « sabotage » nourrit la polarisation, relayée par différents médias économiques et généralistes, dont cette synthèse d’actualité.

À ce stade, les indicateurs économiques suggèrent que l’issue dépendra moins d’un affichage d’objectifs que de preuves tangibles: mix d’investissements, cadence de déploiement bas-carbone, et signaux-prix alignés avec les trajectoires 1,5–2 °C. Le temps fort des assemblées générales 2026 servira de test grandeur nature pour mesurer la montée en exigence des investisseurs et la robustesse des plans de réduction des émissions face à une demande énergétique mondiale encore contrainte. L’enseignement transversal est clair : sans articulation entre politiques publiques et stratégies privées, la marche vers la neutralité carbone restera heurtée.

Cécile Divolic

Cécile Divolic

Passionnée par les enjeux économiques contemporains, je m'efforce de déchiffrer les tendances et d'informer le grand public sur des sujets complexes. Mon expertise et mon expérience me permettent de traiter de manière claire et accessible des thèmes variés, allant de la finance aux politiques économiques.