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Exploitation minière des abysses : le conflit persistant entre l’AIFM et The Metals Company

Réunie à Kingston jusqu’au 10 juillet, la commission juridique et technique de l’AIFM examine des règles d’exploitation minière des abysses toujours en suspens, tandis que The Metals Company (TMC) multiplie les initiatives pour accélérer l’extraction minière des nodules polymétalliques. Selon les données disponibles, l’entreprise canadienne a annoncé vouloir déposer une demande d’exploitation auprès de la NOAA en 2025, une démarche perçue par plusieurs États comme une tentative de contournement du cadre multilatéral. En toile de fond, un conflit de méthodes et de légitimités opposant le régulateur international, garant d’une gouvernance des océans collective, et un acteur privé désireux d’industrialiser l’accès aux ressources sous-marines.

Au cœur du débat, l’équation économique de la transition énergétique et la protection de la biodiversité des grands fonds. Une analyse approfondie révèle que les besoins en métaux critiques (nickel, cobalt, manganèse, cuivre) poussent certains pays à soutenir l’ouverture d’un marché, quand d’autres appellent à un moratoire par prudence écologique. La session de Kingston, ouverte le 29 juin, s’annonce déterminante: elle doit clarifier le calendrier des autorisations et trancher sur les exigences environnementales minimales. Dans ce contexte, la pression s’accroît sur les délégations: comment arbitrer entre sécurité d’approvisionnement, investissements et sauvegarde de l’environnement marin sans fissurer l’architecture du droit de la mer?

Exploitation minière des abysses : enjeux juridiques entre l’AIFM et The Metals Company

L’AIFM encadre l’extraction minière en zone internationale au titre du patrimoine commun de l’humanité. Les indicateurs économiques suggèrent que l’industrialisation des fonds pourrait s’accélérer, mais le corpus réglementaire reste partiellement inachevé. Dans ce vide relatif, The Metals Company a affirmé vouloir solliciter la NOAA, une voie américaine qui interroge: jusqu’où un État non partie à la CNUDM peut-il soutenir une exploitation dans “la Zone” sans aval multilatéral? Plusieurs analyses soulignent l’impuissance et les limites du droit international face à des stratégies d’opérateurs agiles, comme l’illustre cette mise en perspective sur l’impuissance du droit international, et les tensions documentées par la presse sur les pressions exercées à Kingston, visibles par exemple dans les tentatives de pression sur l’Autorité. Le point de bascule juridique réside dans la capacité de l’AIFM à arrêter des normes opposables et vérifiables avant tout démarrage industriel.

Exploitation minière des abysses : le conflit persistant entre l’AIFM et The Metals Company

Procédures, délais et zones stratégiques : Kingston, Clarion-Clipperton et l’effet Nauru

La session de Kingston, en cours jusqu’au 10 juillet, met en avant deux dossiers: la finalisation des règles d’exploitation et l’examen des projets emblématiques de nodules polymétalliques dans la zone Clarion-Clipperton. Associé à NORI, filiale nauruane, TMC mise sur “l’effet Nauru” pour hâter les décisions. Selon les données disponibles, une course contre la montre à l’AIFM est engagée, tandis que l’intention de saisir la NOAA a été annoncée pour sécuriser une alternative. Cette dynamique accentue l’incertitude réglementaire et complique la planification des États côtiers et des industriels.

En pratique, le séquençage des autorisations, des lignes de base environnementales et des plans de gestion reste le verrou central. Sans protocole clair, aucune solution n’offre une sécurité juridique robuste.

Ressources sous-marines et économie des métaux critiques pour la transition

Les nodules polymétalliques cristallisent l’attention car ils agrègent nickel, cobalt, manganèse et cuivre, utiles aux batteries et réseaux. Une analyse approfondie révèle que la demande liée à l’électrification confère un pouvoir d’attraction aux ressources sous-marines. L’appétit des marchés et la communication agressive de TMC ont été largement commentés, comme le montre l’examen de l’appétit affiché par The Metals Company. Pour un constructeur de batteries européen fictif, l’accès à un flux stable de nickel MHP pourrait réduire l’exposition à la volatilité asiatique, mais au prix d’un risque réputationnel élevé.

Modèle industriel, extraction minière et attentes des investisseurs

Le modèle promu par The Metals Company repose sur une chaîne intégrée: collecte, remontée, traitement et livraison de produits intermédiaires pour cathodes. Les investisseurs scrutent trois signaux: le cadre de l’AIFM, la faisabilité technique des collecteurs et la traçabilité environnementale. Comme le souligne l’analyse de la guerre continue entre l’AIFM et The Metals Company, le différentiel de coût-capacité ne sera soutenable que si la conformité environnementale est démontrable et auditée. Sans visibilité, le coût du capital grimpe et renchérit toute mise en production.

À défaut d’un cadre stable, les accords d’enlèvement et les financements de projets resteront conditionnés, freinant l’émergence d’un marché liquide.

Environnement marin et biodiversité : risques scientifiques et mesures de précaution

Selon les données disponibles, les études convergent: le passage des pilotes à l’exploitation minière industrielle générera des perturbations. Une évaluation australienne citée par la presse prévient qu’il y aura des impacts sur la faune benthique, liés aux plumes sédimentaires, au bruit et à l’éclairage. Les écologues réclament des lignes de base longues pour capter la variabilité naturelle, ainsi que des seuils d’émission contraignants. Ce besoin de données robustes est la condition d’un contrôle crédible de l’environnement marin.

  • Lignes de base pluriannuelles: caractériser habitats, flux biogéochimiques et cycles de reproduction avant toute extraction minière.
  • Seuils d’impact mesurables: normes pour plumes sédimentaires, bruit et turbidité, avec surveillance en continu et accès public.
  • Zonage adaptatif: aires refuges, corridors écologiques et rotation spatiale des opérations pour limiter l’empreinte sur la biodiversité.
  • Traçabilité des flux: certification des métaux, reporting environnemental audité et chaines d’approvisionnement conditionnées.
  • Mécanismes de pause: clauses de suspension si des indicateurs dépassent les seuils, afin de préserver la gouvernance des océans.

Sans ces garde-fous, l’acceptabilité sociale et l’accès aux marchés responsables resteront hors de portée pour tout opérateur.

Pressions internationales et moratoires : quelle gouvernance des océans ?

Les capitales se divisent entre partisans d’un démarrage encadré et promoteurs d’un moratoire. Les organisations de la société civile exhortent à “tenir la ligne” multilatérale, comme le rappelle l’appel à la mobilisation pour un moratoire formulé par Greenpeace, tandis que des médias internationaux soulignent la tension entre pressions et prudence écologique. Dans ce paysage, l’émergence d’un standard minimum, contrôlable et transparent, apparaît comme le seul moyen d’éviter une fragmentation normative. L’enjeu est clair: préserver la cohérence du cadre collectif sans étouffer l’innovation régulée.

Cécile Divolic

Cécile Divolic

Passionnée par les enjeux économiques contemporains, je m'efforce de déchiffrer les tendances et d'informer le grand public sur des sujets complexes. Mon expertise et mon expérience me permettent de traiter de manière claire et accessible des thèmes variés, allant de la finance aux politiques économiques.