Contrôle technique des deux roues : des dizaines de milliers de motards dénoncent « un racket »
Le contrôle technique devient obligatoire pour tous les véhicules de catégorie L, y compris les scooters, motos et voiturettes. Cette mesure avait été annulée en France mais a finalement été mise en place après une longue bataille judiciaire. La directive européenne de 2014 vise à accroître la sécurité routière et à réduire la pollution. Trois millions de véhicules sont concernés par cette nouvelle obligation, qui entraînera des amendes ou l’immobilisation du véhicule en cas de non-conformité.
2,5 millions de conducteurs devront faire leur premier contrôle technique en 2024
Les véhicules immatriculés avant le 1er janvier 2017 doivent passer leur premier contrôle technique au plus tard le 31 décembre 2024. Pour les voitures dont la date anniversaire de la mise en circulation est avant le 15 avril, le contrôle doit être effectué avant le 14 août 2024. Environ 2,5 millions de personnes devront effectuer leur premier contrôle technique réglementaire dès l’année prochaine. Ce contrôle porte sur plusieurs points tels que les freins, guidon, feux, fuites et pneus. Il est valable pour une durée de trois ans et coûtera probablement plus de cinquante euros.
Après des mois de préparation, un nouveau contrôle technique a été mis en place pour les deux-roues motorisés à partir d’avril 2024. Les centres se sont mobilisés pour recevoir l’agrément nécessaire et près de la moitié d’entre eux sont prêts à réaliser ces vérifications. En cas de défaillance majeure constatée lors du contrôle technique, une contre-visite sera nécessaire dans les deux mois suivants avec le véhicule réparé.
Enfin, il est important de noter qu’en cas de revente du véhicule, un procès-verbal de contrôle technique datant de moins de six mois doit être fourni. Si des défaillances majeures sont constatées lors du contrôle technique initial, la vente doit être effectuée dans les deux mois qui suivent.
Des milliers de motards protestent contre une mesure jugée injuste
Certains véhicules sont exemptés de contrôle technique, comme les motos de collection antérieures à 1960 ou utilisées dans des compétitions sportives telles que l’enduro ou le trial. De même, les quads homologués en tant qu’engins agricoles ne sont pas soumis au contrôle. Les vélos et trottinettes électriques ne sont pas non plus concernés s’ils se limitent à une vitesse de 25 km/h car ils n’appartiennent pas à la catégorie L. La mise en place de cette obligation de contrôle a suscité des contestations parmi les motards, considérant cette mesure comme injuste et assimilable à du racket. En cas d’absence de contrôle technique valide, les conducteurs risquent une amende ou une immobilisation de leur véhicule.
Selon la Fédération française des motards en colère (FFMC), les accidents sont généralement causés non pas par l’état du véhicule lui-même, mais plutôt par celui des routes. Les membres soulignent que lorsqu’ils passent leur permis moto, ils apprennent déjà à effectuer divers contrôles visuels et mécaniques sur leurs engins. Ainsi, beaucoup questionnent l’utilité d’une obligation supplémentaire alors qu’ils effectuent déjà ces vérifications régulièrement.
27 membres de la majorité appellent à une pause
Un groupe de 27 députés de la majorité a demandé un “moratoire” sur le contrôle technique des motos, en proposant des solutions alternatives. Le président de la commission des Lois, Sacha Houlié, fait partie de cette initiative et a souligné qu’il est difficile pour lui-même de trouver un centre de contrôle technique pour sa moto. Il affirme que malgré les difficultés, il continuera à faire l’entretien annuel de sa moto, tout comme la plupart des motards qu’il connaît. De plus, certains députés ont également demandé l’abrogation du contrôle technique, qualifiant cette mesure d'”obstination technocratique.